Avec l’élection d’un
nouveau Bureau du Parlement panafricain, l’attention se déplace désormais des
processus électoraux vers la performance institutionnelle. La restauration du
budget, le recrutement du personnel, les réformes de gouvernance, l’efficacité législative
et un engagement renforcé avec les organes politiques de l’Union africaine
apparaissent comme les cinq priorités essentielles qui détermineront le succès
de la Septième Législature.
L’élection du Septième
Bureau du Parlement panafricain (PAP) a marqué l’aboutissement d’un processus
électoral qui a suscité une attention considérable à travers le système de
l’Union africaine. Avec l’accession de S.E. l’Hon. Fateh
Boutbig à la présidence, aux côtés d’une nouvelle équipe dirigeante
issue des cinq régions de l’Afrique, le Parlement entre désormais dans une
nouvelle phase où les attentes seront de plus en plus évaluées non pas à l’aune
des résultats électoraux, mais des résultats institutionnels.
Pour le nouveau Bureau,
le défi est clair. La bonne tenue des élections a rétabli la certitude du
leadership, mais elle n’a pas automatiquement résolu les défis structurels,
financiers et de gouvernance qui ont limité l’efficacité du Parlement ces
dernières années. Le véritable test du Septième Bureau sera donc sa capacité à
transformer sa légitimité politique en renouveau institutionnel et en
efficacité opérationnelle.
Le Conseil exécutif a
déjà fourni d’importantes orientations à cet égard. À travers une série de
décisions adoptées en 2023, 2025 et 2026, il a identifié de manière répétée les
domaines nécessitant une attention urgente afin que le Parlement puisse remplir
efficacement son mandat continental. Ces décisions, conjuguées aux attentes des
parlementaires et des citoyens africains, mettent en évidence cinq priorités
qui devraient définir l’agenda du nouveau Bureau.
S’appuyer sur l’héritage
du Sixième Bureau dirigé par le Président Charumbira
En entrant en fonction,
le Septième Bureau hérite non seulement de la responsabilité de diriger le
Parlement, mais également des acquis obtenus grâce aux efforts de son
prédécesseur. Dans le débat sur la restauration du budget, le recrutement du
personnel et les émoluments des parlementaires, il est important de reconnaître
le plaidoyer soutenu mené par le Sixième Bureau sous la direction de S.E.
l’Hon. Chef Fortune Charumbira.
Tout au long de son
mandat, le Sixième Bureau a constamment attiré l’attention sur les contraintes
opérationnelles auxquelles faisait face le Parlement, notamment la diminution
des allocations budgétaires, les pénuries critiques de personnel, la réduction
des capacités institutionnelles et l’impact des décisions affectant les
mécanismes de soutien aux parlementaires. Ces efforts ont finalement contribué
à l’adoption d’importantes décisions du Conseil exécutif, notamment la
Décision EX.CL/Dec.1198(XLII) de février 2023, la
Décision EX.CL/Dec.1288(XLVI) de février 2025 et la
Décision EX.CL/Dec.1323(XLVIII) de février 2026.
Ensemble, ces décisions
constituent sans doute le cadre politique le plus complet adopté par le Conseil
exécutif ces dernières années pour répondre aux défis institutionnels,
financiers et opérationnels auxquels est confronté le Parlement. La responsabilité
qui incombe désormais au Septième Bureau est de veiller à ce que ces acquis
durement obtenus se traduisent en résultats concrets renforçant le Parlement et
améliorant son efficacité.
Restaurer la capacité
budgétaire du PAP
Peu de questions sont
aussi cruciales pour l’efficacité future du Parlement que celle de sa viabilité
financière. Il s’agit également d’un domaine dans lequel le Sixième Bureau
dirigé par le Président Charumbira a obtenu des avancées politiques
significatives grâce à son engagement auprès des organes politiques de l’Union
africaine.
La Décision EX.CL/Dec.1323(XLVIII) du
Conseil exécutif, adoptée en février 2026, constitue à cet égard une avancée
majeure. Le Conseil a demandé à la Commission de l’Union africaine de
travailler conjointement avec le PAP afin de soumettre au Sous-comité compétent
du Comité des représentants permanents (COREP) une proposition visant à
rétablir les treize lignes budgétaires critiques supprimées du budget du
Parlement depuis 2019 et considérées comme essentielles à son fonctionnement.
Cette directive est
particulièrement importante car elle reconnaît une réalité longtemps soulignée
par les parlementaires et les observateurs : l’érosion progressive des
principales dispositions budgétaires depuis 2019 a affecté de manière
significative la capacité du Parlement à s’acquitter efficacement de son
mandat. Le Conseil exécutif est allé encore plus loin en exhortant la
Commission et les Sous-comités compétents du COREP à régulariser le budget du
PAP afin que l’organe retrouve le niveau de financement dont il bénéficiait
avant 2019.
Il s’agit sans doute de
la déclaration politique la plus forte jamais formulée par le Conseil exécutif
sur la question de la durabilité institutionnelle du PAP. Le défi pour le
Septième Bureau n’est donc pas simplement de plaider pour davantage de
ressources, mais de poursuivre avec détermination la mise en œuvre des
décisions déjà adoptées par les organes politiques de l’Union.
Au fil des années, le
PAP a subi d’importantes réductions budgétaires qui ont affecté sa capacité à
recruter du personnel, à soutenir les activités des commissions, à moderniser
ses infrastructures et à renforcer son engagement auprès des citoyens
africains. Conscient de ces difficultés, le Conseil exécutif a appelé à plusieurs
reprises au rétablissement des lignes budgétaires critiques et à la
régularisation du budget du Parlement.
Le nouveau Bureau doit
donc faire de la restauration budgétaire une priorité institutionnelle majeure.
Cela nécessitera un engagement soutenu avec la Commission, le COREP et ses
Sous-comités compétents afin de garantir la pleine mise en œuvre des décisions
du Conseil exécutif relatives au budget du PAP.
Sans ressources
adéquates, même l’agenda parlementaire le plus ambitieux aura du mal à produire
des résultats significatifs.
Accélérer le recrutement
et renforcer la capacité administrative
Un Parlement n’est
efficace que dans la mesure où l’appareil institutionnel qui le soutient l’est
également. Depuis plusieurs années, le PAP est confronté à d’importants défis
en matière de ressources humaines, liés aux départs à la retraite, aux postes
vacants et aux contraintes budgétaires.
Reconnaissant la gravité
de la situation, le Conseil exécutif, dans sa Décision EX.CL/Dec.1323(XLVIII),
a demandé à la Commission d’autoriser le PAP à pourvoir vingt-cinq postes
critiques devenus vacants à la suite du départ à la retraite de cadres
supérieurs, afin de stabiliser les opérations de l’organe. Afin d’assurer la
mise en œuvre de cette mesure, le Conseil a également chargé la Commission et
le Parlement d’élaborer conjointement un plan de recrutement couvrant les
années 2026, 2027 et 2028.
Pour le Septième Bureau,
cela constitue une feuille de route claire. La priorité devrait être accordée à
la mise en œuvre rapide du plan de recrutement, en particulier pour les postes
de direction, les services de soutien parlementaire, les services
linguistiques, les capacités de recherche et les autres fonctions essentielles
au bon fonctionnement de l’institution.
La mise en œuvre réussie
de ces directives ne renforcerait pas seulement le Secrétariat ; elle
améliorerait considérablement la capacité du Parlement à exercer ses fonctions
législatives, de contrôle et de représentation.
Renforcer la gouvernance
institutionnelle et la cohésion interne
Le Septième Bureau
hérite également de la responsabilité de restaurer la confiance
institutionnelle et de promouvoir la stabilité au sein du Parlement.
Ces dernières années,
les débats relatifs à la gouvernance, au Règlement intérieur et aux relations
institutionnelles ont souvent éclipsé le travail parlementaire de fond. Bien
qu’un débat vigoureux soit une caractéristique naturelle de toute institution
démocratique, des différends prolongés en matière de gouvernance peuvent
détourner l’attention du mandat fondamental du Parlement.
La nouvelle direction a
donc l’occasion de renforcer la cohésion interne, de promouvoir la transparence
dans la prise de décision et de garantir un fonctionnement efficace et
prévisible des structures de gouvernance. Il est tout aussi important de
préserver l’autonomie institutionnelle du Parlement tout en maintenant un
dialogue constructif avec le système plus large de l’Union africaine.
Les institutions fortes
reposent non seulement sur des règles, mais aussi sur la confiance, la
cohérence et le respect des mandats établis.
Renforcer l’efficacité
législative et le contrôle parlementaire
En définitive, le PAP
sera jugé non pas sur la fréquence de ses réunions, mais sur la qualité et
l’impact de son travail.
Les fonctions
législatives, consultatives, délibératives et de contrôle du Parlement
demeurent au cœur de sa pertinence dans l’architecture de gouvernance de
l’Union africaine. Le renforcement du travail des commissions, l’amélioration
de la qualité des rapports et des résolutions, la promotion de la mise en œuvre
des recommandations adoptées et le renforcement du contrôle des politiques
continentales devraient donc figurer en bonne place dans l’agenda du Bureau.
Une attention
particulière devrait être accordée à la garantie que la diplomatie
parlementaire, les débats de politique publique et les lois modèles produisent
des résultats tangibles contribuant aux objectifs de l’Agenda 2063 et répondant
aux préoccupations des citoyens africains.
La crédibilité du
Parlement dépendra de plus en plus de sa capacité à démontrer son impact.
Renforcer les relations
avec les organes politiques de l’UA
Le succès futur du
Parlement dépendra également de la qualité de son engagement avec les organes
et institutions politiques de l’Union africaine.
Les récentes décisions
du Conseil exécutif démontrent l’intérêt constant des États membres pour
l’avenir du Parlement. Elles soulignent également l’importance d’un dialogue
constructif entre le PAP, la Commission, le Conseil exécutif, le Comité des
représentants permanents et les autres organes de l’Union.
Le nouveau Bureau a
l’opportunité de promouvoir une relation fondée sur le respect mutuel, la
consultation régulière et un engagement partagé en faveur du renforcement de la
gouvernance continentale. Un tel engagement ne devrait pas diminuer l’autonomie
institutionnelle du Parlement. Au contraire, il devrait garantir que les
perspectives du PAP soient effectivement prises en compte dans les discussions
et les processus décisionnels continentaux.
Un partenariat plus
solide entre le PAP et les autres organes de l’UA renforcera en définitive
l’Union dans son ensemble.
Des élections à
l’efficacité
L’élection du Septième
Bureau a offert au Parlement panafricain un mandat renouvelé et une occasion de
renouveau institutionnel. Pourtant, l’importance de ce moment ne réside pas
dans les élections elles-mêmes, mais dans ce qui suivra.
La restauration du
budget, le recrutement du personnel, la gouvernance institutionnelle,
l’efficacité législative et l’engagement constructif avec les organes
politiques de l’UA ne sont pas des défis isolés. Ils constituent des éléments
interdépendants d’un effort plus large visant à construire un Parlement capable
de réaliser la vision énoncée dans le Protocole du PAP et de contribuer de
manière significative à l’agenda africain d’intégration et de développement.
Le Conseil exécutif a
déjà tracé l’essentiel de la feuille de route. La responsabilité qui incombe
désormais au nouveau Bureau est de transformer cette feuille de route en
résultats concrets.
À bien des égards, le
Septième Bureau hérite non seulement des défis auxquels est confronté le
Parlement panafricain, mais également d’une feuille de route claire pour les
relever. À travers des décisions successives, le Conseil exécutif a identifié
les principales contraintes institutionnelles du Parlement et fourni des
orientations politiques concrètes pour y répondre. Une grande partie de ce
travail préparatoire a été accomplie durant le mandat du Sixième Bureau, dont
l’engagement soutenu auprès des organes politiques de l’Union africaine a
permis d’obtenir d’importantes décisions sur la restauration budgétaire, le
recrutement du personnel et le renforcement institutionnel. La responsabilité
du Septième Bureau consiste désormais à consolider ces acquis par une mise en
œuvre intégrale et à les traduire en améliorations durables et mesurables de
l’efficacité du Parlement.
Pour le Septième Bureau,
la transition des élections vers l’efficacité commence maintenant.
No comments:
Post a Comment
Disclaimer: Comment expressed do not reflect the opinion of African Parliamentary News